Category: Livres,Histoire,Grandes Périodes de l'Histoire
Lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et d'hétaïres Details
Au IVe siècle avant notre ère, des paysans, des pêcheurs, des mendiants et des filles échangent des lettres dans lesquelles ils racontent leur vie quotidienne et critiquent la société de leur temps. Telle est la fiction que nous propose Alciphron (IIe ou début du IIIe siècle de notre ère). En donnant la parole à ces narrateurs pauvres et méprisés, il nous fait découvrir des réalités que les textes antiques montrent rarement : la misère des petites gens, les humiliations qu'entraîne la condition de parasite, les problèmes sentimentaux ou pécuniaires des hétaïres. Il nous conduit dans les marges de la cité athénienne. Mais son recueil est surtout un jeu savant, littéraire, de pastiche et de parodie.Ce texte méconnu, qui a eu son heure de gloire au XVIIIe siècle, est pour la première fois intégralement traduit en français.Anne-Marie Ozaman est professeur de lettres supérieures au lycée Henri IV.

Reviews
Dans son excellente introduction, Anne-Marie Ozanam caractérise les lettres d'Alciphron comme `un regard démystificateur' sur la vie de tous les jours dans la Grèce Antique avec ses usuriers, ses joueurs, ses voyous, ses amoureux, ses sophistes et leurs sottises, ses Cyniques, ses Stoïciens, ses Pythagoriciens, ses courtisanes et ses calomniateurs. De plus, `le regard des pauvres opère le renversement des valeurs: parasites et hétaires arrachent les masques des grands hommes et dévoilent les vices qui mènent le monde.'La condition socialeAlciphron voit clairement que `le maître ramasse tout, nos poissons et nos pauvres sous.' `Qu'adviendra-t-il de celui qui doit être nourri, si celui qui le nourrit a besoin lui-même de quelqu'un qui le nourrisse? Un affamé avec un autre affamé, c'est double malheur.'`Ses héros sont les paysans tranquilles et travailleurs qui ne cherchent pas à s'enrichir illégalement dans les tribunaux, ni en calomniant les gens sur l'Agora, mais qui attendent de la terre les fruits de leur travail.'Un monde injusteAlciphron est un excellent psychologue (`il est malveillant et jaloux, l'aeil des voisins.')Il apostrophe la Fortune injuste : `ne maintenez pas certains hommes dans un bonheur continuel, alors que vous donnez aux autres la faim pour compagne.'Son monde est plein de violence gratuite, comme `vider une marmite d'eau bouillante sur le garçon qui servait le vin. Il en est devenu chauve; la brûlure a détaché la peau de son crâne.'De plus, il n'y a que l'argent qui compte : `Crois-tu qu'un sophiste soit différent d'une hétaïre? Tous deux ne cherchent qu'une chose: se faire payer.'Avec des brillantes images (`ses lèvres, il les a fleuries avec des roses dérobées sur les seins d'Aphrodite et pressées au bord de sa bouche.'), Alciphron nous peint une tout autre image (réaliste) de la Grèce Antique que celle (irréaliste) que nos `bons professeurs' nous ont inculquée.Lecture hautement recommandée à tous ceux qui s'intéressent à l'Antiquité et aux textes classiques.


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