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Kamis, 06 Februari 2020

Héliogabale ou l'anarchiste couronné

Category: Livres,Romans et littérature,Poésie

Héliogabale ou l'anarchiste couronné Details

"Voici le livre le plus violent de la littérature contemporaine, je veux dire d'une violence belle et régénératrice. Héliogabale, né sur un berceau de sperme, mort sur un oreiller de sang, est un noir héros de notre monde. Sa légende est faite de perversité et d'exécration. El Gabal, "Celui de la Montagne", est non seulement l'empereur dépravé de la Rome pourrissante du Troisième Siècle, livré aux vices et à la folie, mais aussi le premier héros infernal de cette rencontre avec l'Orient, dont Apollonius de Tyane fut l'Archange. Incarnation du mythe hermaphrodite, adorateur du Soleil et de la pierre noire Elagabale, il a vécu jusqu'à l'extrême le drame de l'affrontement entre le monde gréco-latin et la Barbarie. Il s'agit bien ici d'un texte initiatique : prêtre païen et empereur de Rome à l'âge de quatorze ans, Héliogabale annonce à la fois le rite solaire des Tarahumaras, et le sacrifice de Van Gogh le Suicidé de la société, puis la descente aux Enfers d'Artaud le Mômo. Héliogabale est l'Anarchiste, avant d'être l'Alchimiste couronné. Ce livre envoûtant, le plus construit et le plus documenté des écrits d'Antonin Artaud, est aussi le plus imaginaire. Qui n'a pas lu Héliogabale n'a pas touché le fond même de notre littérature sauvage" J-M-G Le Clézio.

Reviews

?uvre poétique d??une sauvage beauté, Héliogabale est aussi un ouvrage d??érudition, et les longues recherches auxquelles Artaud s??était astreint en étudiant d??innombrables écrits sur son personnage témoignent de sa fascination pour cet empereur romain qui vécut au IIIe siècle de la Rome décadente. Il est fasciné, y voyant comme dans un théâtre imaginaire se jouer le mythe de ses propres rêves métaphysiques.Héliogabale anarchiste ? « L'anarchiste dit : Ni Dieu ni maître, moi tout seul. Héliogabale, une fois sur le trône, n'accepte aucune loi ; et il est le maître. Sa propre loi personnelle sera donc la loi de tous. Il impose sa tyrannie. Tout tyran n'est au fond qu'un anarchiste qui a pris la couronne et qui met le monde à son pas. » Artaud, lui, disait : « Je détruis parce que chez moi tout ce qui vient de la raison ne tient pas. Je ne crois plus qu??à l??évidence qui agite mes moelles, non de ce qui s??adresse à ma raison. » Cette raison qu??il rejette, c??est le rationalisme spéculatif de son siècle: « Une chose nommée est une chose morte, et elle est morte parce qu??elle est séparée. » Séparée de l??Esprit. « Je souffre que l??Esprit ne soit pas dans la vie et que la vie ne soit pas l??Esprit, je souffre de l??Esprit-organe, de l??Esprit-traduction, ou de l??Esprit-intimidation-des-choses pour les faire entrer dans l??Esprit. » Ce rationalisme, il le renie en même temps que la civilisation gréco-latine dont il est issu : « ?c??est la Grèce qui a inventé l??idée de la barbarie. Et à ce point de vue, nous sommes, nous, gens d??Occident, les dignes fils de cette mère stupide, puisque pour nous, les civilisés, c??est nous-mêmes, et que le reste, qui donne la mesure de notre universelle ignorance, s??identifie avec la barbarie. » Artaud se retourne vers ces barbares dont les « religions antiques ont voulu jeter dès l??origine un regard sur le Grand Tout. Elles n??ont pas séparé le ciel de l??homme, l??homme de la création entière, depuis la genèse des éléments. »Héliogabale mégalo ? Non, il est pour Artaud l??iconoclaste providentiel qui va casser les idoles anthropomorphes pour les remplacer par ceux de l??ordre cosmique: « Se croyant dieu, s'identifiant avec son dieu, il ne commet jamais l'erreur d'inventer une loi humaine, une absurde et saugrenue loi humaine, par laquelle, lui, dieu, parlerait?. « Il poursuit systématiquement la perversion et la destruction de toute valeur et de tout ordre. ». « Rien de gratuit dans la magnificence d??Héliogabale, ni dans cette merveilleuse ardeur au désordre qui n??est que l??application d??une idée métaphysique et supérieure de l??ordre, c??est-à-dire de l??unité. »Héliogabale pédé? « Sa pédérastie religieuse n'a pas d'autre origine qu'une lutte obstinée et abstraite entre le Masculin et le Féminin." « Héliogabale, le roi pédéraste et qui se veut femme, est un prêtre du masculin. Il réalise en lui l??identité des contraires, mais il ne la réalise pas sans mal, et sa pédérastie religieuse n??a pas d??autre origine qu??une lutte obstinée et abstraite entre le Masculin et le Féminin. » En d??autres termes, il veut tout simplement réaliser le rêve millénaire des Brahmanes, des Taoïstes, des soufistes et des alchimistes, par la fusion du multiple en l??un.

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