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Jumat, 07 Februari 2020

Manfred (PETITE COLL)

Category: Boutique Kindle,Ebooks Kindle,Littérature

Manfred (PETITE COLL) Details

Inspiré du Faust de Goethe, ce drame en vers de 1817 campe un homme vivant seul, un homme maudit, retiré au cour des Alpes. Il a pour nom Manfred. Ce que Manfred désire le plus au monde, c'est oublier. Perclus de remors pour avoir tué par son étreinte celle qu'il aimait, il invoque les dieux, essaie en vain de se jeter dans le vide. Or, Astarté, la bien-aimée perdue, lui apparaît enfin. Elle lui annonce qu'il va mourir le lendemain. Des démons viennent en effet le moment venu pour s'emparer de lui. Mais Manfred résiste à leur pouvoir. C'est une fois les démons disparus qu'il meurt. Manfred incarne l'âme passionnée et rebelle, opposée à la figure de la paix, sublimée par la mort, d'Astarté. Mais lord Byron montre avec la virtuosité du poète comment ces thèmes peuvent se confondre.

Reviews

Manfred est le type même de la révolte métaphysique: "[I] was my own destroyer and will be my own hereafter" - "Je fus mon propre destructeur et serai mon propre au-delà", clame-t-il, au moment de mourir, à la face des démons. C'est dire que l'on est tout de même loin du Faust de Goethe. Point de pacte, ici, pour forcer les portes de la connaissance, mais seule la malédiction que donne précisément la connaissance. Manfred récuse tout à la fois le Ciel et l'Enfer, qui deviennent alors des décors inutiles devant un monde renvoyé au chaos.La lecture de ce poème dramatique en vers blancs "d'un genre très sauvage, métaphysique et inexplicable", dixit Lord Byron lui-même, enflamma les imaginations adolescentes d'un Nietzsche, à 17 ans, ou d'un Lautréamont. Il est indispensable que nous redécouvrions cette oeuvre, souvent occultée par l'aura sulfureuse de son auteur. Je ne crois pas qu'il faille ainsi s'arrêter trop longtemps, comme on le fit à l'époque, aux allusions à peine voilées que fait Lord Byron, dans sa pièce, aux relations incestueuses qu'il entretint avec sa demi-soeur Augusta Leigh. Je pense que la pièce mérite d'être exhaussée au-dessus de l'anecdote biographique, même si le contexte est indispensable à sa pleine compréhension.La présente édition a le mérite de son prix modeste, mais on lui préférera la traduction plus aboutie, également en vers libres, des éditions Ressouvenances (éd. 1990 et 1993), qui a également l'insigne mérite de présenter le texte original en regard et de proposer une courte postface très éclairante.Je conseillerais cependant pour ma part une première lecture de la pièce dans une traduction en prose du XIXème, plus fluide, moins contrainte par une exigence littéraire au demeurant louable - Wikisource en propose une très bonne de Benjamin Laroche (édition de 1847 des oeuvres complètes), même si on pourra, parfois, lui préférer certains choix de traductions plus récentes et plus attachées à servir fidèlement le texte.J'aime également à penser que Lautréamont a peut-être découvert "Manfred" dans cette traduction.

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